ZEBRA or not ZEBRA?

ZEBRE OU PAS ZEBRE ?

©Les P’tits Clichés de Morgane ©LPCM

Telle est la question que je me pose depuis plusieurs mois. Avant que l’on m’en parle, je n’avais absolument pas conscience de l’existence d’être humain « zèbre », cela ne vous dit probablement rien non plus mais je vous expliquerais plus tard. Au cours de discussions avec des professionnels de l’éducation, des professeurs, on m’a souvent répété que je ne raisonnais pas de même manière, que je me prenais parfois trop la tête, que je me posais beaucoup de questions. Questions pour lesquelles j’avais et j’ai toujours besoin de réponses. A l’adolescence, on m’appelait l’intello ou Madame Je-Sais-Tout, or c’est faux, je ne sais pas tout et encore aujourd’hui cela me suit, lorsque je joue à des jeux de questions ou de culture générale ou musicale. Je n’ai même pas conscience d’avoir la réponse et pourtant je l’ai. Les gens ne veulent plus jouer avec moi ou du moins pas à ces jeux là : Trivial Pursuit, Cranium, Incollables ou encore Blind Test.

Les adultes et enfants que l’on qualifie de « zèbres » ou « haut potentiel » sont parfois résumés au qualificatif de « surdoué » … or je suis bien incapable de me penser ou de pire, de me qualifier de surdouée. J’ai bien été autodidact dans plusieurs domaines, comme la couture ou la cuisine mais certainement pas à l’école. Les maths sont mon plus grand cauchemar, pour le reste je suis avide de connaissances et j’aurais adoré rester sur les bancs de l’école, rien que pour en apprendre plus sur la littérature, l’anglais, la psychologie … Il reste indéniable qu’apprendre me fascine. Ma curiosité ne s’arrête jamais, tout comme mon cerveau en fait.
A la différence, si le sujet ne plait pas, il est fort probable que je n’y porte qu’un faible intérêt comme pour les mathématiques à partir du moment où il y a des formules avec des lettres. Vous pouvez passer des heures entières à m’expliquer les fonctions affines et linéaires, je n’en retiendrais pas les trois-quarts.

Ce qui me fait me poser la question d’une part de « zèbre » en moi, c’est non seulement parce qu’on m’en a parlé à plusieurs reprises mais aussi parce que je ne m’en sors plus avec mes sensations, sentiments et réactions. Depuis petite, je me suis toujours sentie différente, sans etre capable d’expliquer pourquoi. A l’adolescence, on me l’a fait ressentir, on me l’a dit, on me l’a reproché, là encore, sans que je puisse comprendre ou expliquer pourquoi. Oui, je n’ai pas nécessairement la même vision des choses, la même logique, les mêmes goûts, les mêmes comportements. J’étais une enfant, une ado, une jeune femme, incapable de déroger à une règle. Et encore aujourd’hui, je ressens de la culpabilité pour m’être fait klaxonner pendant plusieurs heures. Pourquoi ? Quelle a été mon erreur ? Est-ce de ma faute parce que je n’avançais pas assez vite ?
Et c’est exactement pareil avec les gens qui m’entourent … Pourquoi est-il ou est-elle de mauvaise humeur ? Est-ce moi qui ait dit quelque chose de travers ? Si oui, qu’est-ce que j’ai dit ? Et cela peut me rester en tête pendant des jours entiers. Même pour un simple SMS.

Bref, je suis hypersensible.

Mes réactions sont exacerbés, tout comme mes sensations, je ne peux pas aller contre et j’apprends à vivre avec malgré les déboires que cela entraine. Au fil des années, j’ai fini par y trouver des avantages que je ne peux pas expliquer à grand monde puisque ça leur semble particulièrement bizarre. Lorsque j’écoute une musique, je peux la ressentir jusqu’au bout de mes orteils, jusqu’au plus profond de mon être. Cela se traduit par des frissons, des tremblements légers et parfois des absences. Je suis à côté de vous, je sais que vous êtes à côté de moi, je vous entends mais je ne vous répondrais pas tout de suite. Mon esprit divague très rapidement, de là à parler de transe, il n’y a qu’un pas. Pourtant changer de musique et je reviens tout de suite. Certaines chansons me donnent systématiquement les larmes aux yeux, d’autres me feront bouger, d’autres m’empliront de joie.

Cela fonctionne aussi avec les films, et dans la vraie vie. Le phénomène d’ « hyper-empathie » engendre une capacité à ressentir les émotions des autres. Je ne peux m’empêcher de me mettre à la place des autres, ainsi je ressens la peine de l’enfant qui vient de perdre son lapin ou l’inquiétude d’un ami face à un résultat. Pour vous donner une image, gardez en tête celle de l’éponge qui absorbe tout ce qui est autour d’elle. Et bien voilà, vous avez l’idée de ce que je peux ressentir. De c fait, prendre du recul sur les choses me demandent un effort considérable, qu’il s’agisse de ma vie ou de celles des gens qui me sont proches.

Bref, je suis hyper-empathique …

« Tu prends trop les choses à coeur »

C’est vrai, je peine à prendre du recul sur les choses, tout m’importe. J’ai mis près de trois ans et 85 heures de conduite pour enfin passer mon permis, que j’ai eu du premier coup. Encore aujourd’hui, passer à l’orange engendre au plus profond de moi, une culpabilité. Je ne vous raconte ce qu’il m’en coûte de dire simplement  »NON » dans certaines situations.

Je ne supporte pas qu’on me touche

Il y a des exceptions fort heureusement mais dans la majeure partie des cas, je ne supporte pas le contact physique avec les gens que je ne connais pas ou qui ne me sont pas proches. Faire la bise aux gens, n’est pas automatique chez moi. De même que j’aimerais paraître spontanée en essayant de consoler quelqu’un et de le serrer dans mes bras mais ce n’est pas dans ma nature.
Une main sur mon épaule peut provoquer une sensation de bien-être comme une sensation de dégoût ou de rejet. Là encore, c’est exacerbé mais intérieurement c’est « Retire ta main tout de suite !! Dégage ! » … Je vous laisse imaginer le stress et l’angoisse de prendre les transports en commun bondés. C’est bien simple, arrivée à la fac, je préférais encore faire 8 kilomètres à pied sous l’orage pour rentrer chez moi plutôt que de rentrer dans un bus bondé de monde.

Je suis rapidement frustrée, mais aussi rapidement heureuse.
Offrez-moi une crêpe et ma journée s’illumine. A la différence, si je n’obtiens ce que je veux ou si je ne trouve pas de solution, je peux vite me frustrer et le rester plusieurs jours. Ce n’est pas contre vous, je n’y peux rien.

Je suis hypocondriaque, émétophobe et nosophobe.

Les maladies, les vomissements et les microbes peuvent me faire péter un boulon. C’est une phobie que je tiens depuis l’enfance et c’est la plus invalidante. Je me lave les mains parfois plus de 20 fois par jour au travail. L’hiver, mes mains sont en charpies, pleines de crevasses et sèches comme un gant de crin. Et je peux, très rapidement paniquer si vous me dite que vous vous sentez mal. Je ne serais qu’en mesure de vous dire, d’aller aux toilettes et tant qu’à faire, de ne plus vous approcher de moi à moins d’un mètre. J’irai vous acheter des médicaments, je vous ferai à manger mais je désinfecterai, poignées de portes, interrupteurs, ordinateur, téléphone, tablette … et enfin je prendrais une douche. Je vous laisse imaginer l’aventure des toilettes dans les lieux publics … (je vous rassure, moi aussi j’en ris … enfin après.)

Bref, je suis hyper-réactive

Il y a de nombreuses autres caractéristiques qui définissent les « zèbres » mais je terminerais par l’imagination et la créativité. Depuis l’enfance, je ne peux m’empêcher de créer, avec le temps j’ai fini par toucher à tout, sans pour autant exceller en la matière. Danse, chant, dessin de mode, couture, maquillage, écriture, photographie, cuisine …

J’ai essayé de « rentrer dans le moule » pendant des années, j’ai renié une partie de moi pour plaire aux autres, pour ne plus entendre que j’étais bizarre. Ce n’est qu’à 25 ans que j’ai commencé à comprendre que j’avais perdu beaucoup trop de temps et que j’en avais marre de me cacher. Mais qu’il est difficile de remonter à la surface du trou qu’on a creusé pendant plus de 15 ans. Le chemin est long mais chaque pas vers la surface fait énormément de bien. Je savais qu’il me fallait l’aide d’un professionnel, d’une psychologue hypnothérapeute. Grâce à elle, j’ai commencé à comprendre, à m’accepter.

Je n’ai compris qu’à 28 ans que je n’avais pas culpabiliser pour ce que j’étais, que je n’avais pas à culpabiliser de dire non. Ne pas être comme les autres est finalement le plus beau des cadeaux. Qu’il est agréable de se sentir différent. Il y a encore quelques mois, je voulais savoir si j’étais « zèbre » afin d’avoir une excuse pour être ce que j’étais. Aujourd’hui, je ne ferais ces tests que par curiosité. Même si 80% des critères semblent correspondre, je n’ai pas à m’excuser pour ce que je suis.
Oui, il est probable que j’aurais la réponse à la question du jeu ou au blind test mais peut-etre que je ne l’aura pas (et oui je serais frustrée de ne pas l’avoir!)

Oui, il est probable que je pleure lamentablement devant un dessin animé avec un petit dinosaure orphelin ou en écoutant Purple Rain … mais j’aime ces sensations et je n’en ai plus honte.

Oui, il est probable que je m’énerve si je ne trouve pas la solution ou si je ne peux pas obtenir ce que je veux tout de suite. J’avoue je suis une chieuse

Oui, il est probable que je fasse une crise d’angoisse parce que je suis dans un magasin bondé et qu’il y a beaucoup de gens, plein de microbes qui m’entourent.

Oui, il est probable que je réagisse très mal si vous m’avez fait la bise et que vous m’annoncez que vous avez la gastro.

Oui, il est probable que je fasse une crise d’angoisse ou que je sois simplement ailleurs si je vois quelqu’un vomir dans la rue (ou pire, en face de moi)

Oui, il est probable que je perde le fil de notre conversation si mon cerveau m’emmène ailleurs et je m’en excuse d’avance.

Oui, il est probable que je ne m’intéresse pas à la conversation sur la bourse ou sur Secret Story. Pardon, j’en ai marre de faire semblant mais je vous promet de faire des efforts.

Oui, il est probable que je sois très heureuse si vous m’apprenez une bonne nouvelle ou si vous me faites une surprise. J’aurais même envie de vous sauter au coup mais je ne le ferai pas … ou alors ce sera potentiellement assez violent. Il se pourrait même que je pleure, de joie.

Oui, il est probable que je me mette à rire très fort si vous me faites rire.

Oui, je suis compliquée … J’apprends à vivre avec

Oui, je me fous de ce que vous pensez, … enfin j’essaye de m’en foutre et de prendre du recul.

OUI, CA FAIT DU BIEN D’ETRE SOI-MEME

Un petit lien pour vous éclairer davantage : http://zebrattitude.blogspot.fr/2008/05/ladulte-zbre.html

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